Mars 2022-novembre 2022
Que pouvons-nous apprendre de la nature sur l’essence de l’être ?
L'artiste visuel multidisciplinaire basé à Dubaï, Shagayeq Arabi, entreprend de remettre en question le flux de l'existence à travers des formes naturelles évocatrices réalisées avec des objets trouvés localement, coulés dans leur environnement naturel, pour créer un contexte qui leur est propre, le contexte s'intégrant dans l'œuvre. , reflétant les cycles de vie de l’existence humaine.
La nature est un système efficace de déplacement d’énergie, via la prédation, la symbiose, la mort et la transformation, sans aucune idée préconçue. The Sea Was Far Away And The Sky explore davantage le flux de la vie en tant qu'énergie, se nouant et se dénouant continuellement, du flux à la matière et inversement au flux dans une immense vague de formes distinctes, toujours et partout, simultanément. C'est un état de déséquilibre qui évolue constamment vers un rééquilibrage, atteignant un moment tendre d'équilibre fragile, puis passant, passant à autre chose.
Dans son installation immersive monumentale, Arabi porte son attention sur Gharaghir, terme arabe désignant le type de piège à pêche que l'on trouve exclusivement dans la péninsule de Khaleej, exposant soixante pièges flottants durables de fabrication locale, créés par des artisans d'Umm Al Quwain, au cœur de les Emirats. Arabi donne l'impulsion à une réflexion existentielle sur les cycles de la vie, sa vulnérabilité, son silence et ses cris, sa condition naturelle mystérieuse mais claire et l'état d'être sous ses formes omniprésentes et polymorphes ; parfois se fracturant, s'effondrant, se décomposant, et parfois s'intégrant, fusionnant et fusionnant à perpétuité.
Dans ses œuvres, elle utilise des objets trouvés et des matières premières locales et naturelles enracinées dans l'anonymat de la nature, contrastant leurs structures avec ce qui façonne son identité et remplit sa fonction environnementale ; plus tard recyclé pour un nouvel usage : tantôt en soustrayant biologiquement, tantôt en ajoutant ou en divisant ses éléments en de nouvelles formes, significations et formes, en parallèle avec les cycles et les étapes de l'existence humaine. Qu'il soit bactériologique, végétal, minéral ou artificiel comme le Gharaghir, assemblé in situ, faisant écho à la nature, donnant naissance, se décomposant et se métamorphosant continuellement en quelque chose de nouveau, quel qu'il soit, remettant sans cesse en question sa quête singulière de transcendance organique, s'effritant, se formant, accoucher, gonfler, harmoniser, toujours être, toujours dynamique et toujours en mouvement.
Dans The Sea Was Far Away And The Sky Further, Arabi explore les phases lentes de la vie avec ses cycles organiques complexes, alambiqués : naissance, croissance et dégradation s'adaptant lentement à son environnement, cela devient sa forme ultime : s'adapter constamment. à son environnement.
Ses objets trouvés localement, revisités avec son approche organique interdisciplinaire, plongent le spectateur dans une expérience vivante à son niveau le plus micro, sans aucune idée ni perception préconçue sur le chemin prédéfini de la nature.
Elle nous invite à réfléchir à la manière dont les objets – à la fois vivants et inanimés – sont liés à leur environnement, et nous pousse dans un récit réflexif à la recherche d’un patrimoine et s’interroge sur ce que signifie être vivant dans un certain lieu, à un moment donné, à l’intérieur. un discours local mais universel. Il n'y a pas de questions, pas de réponses, simplement un témoignage de
l'état transitoire de l'être, à la fois en termes de matérialité et de néant éthéré, quoi qu'il puisse être et où qu'il puisse mener.
Vous êtes invités à contempler cet incessant voyage organique de l'être sans lui appliquer aucun sens, comme dans la nature, où tout ce qui est petit ou grand existe en symbiose, de la naissance à la mort dans un cycle sans fin.
Une multitude de manières d'être différentes sont vitales, originales, silencieuses et toujours en profond mouvement.
Cette exposition est un rappel visuel que nos vies seules sont une chose et qu'ensemble elles ont une autre dimension, une identité solitaire fusionne avec une autre pour former quelque chose de nouveau, ouvert à des possibilités infinies, non plus liée à une fonction ou une identité singulière.
Commissaire d'exposition : Camelia Esmaili (l'Atelier Camelia)







